Modern Agile – Part 3 – Faire de la sécurité et de la sûreté des prérequis

Un peu de sémantique

Dans sa version originale, le second principe du Modern Agile est « Make Safety a Prerequisite ». En anglais, le mot « safety » peut signifier à la fois « sécurité » et « sûreté ». Dans le Modern Agile, le mot « safety » signifie les deux notions à la fois. C’est pourquoi, je le traduis par « Faire de la sécurité et de la sûreté des prérequis ».

Savez-vous quelle est la différence entre la sécurité et la sûreté? :

  • La sécurité consiste à prévenir contre les actes involontaires, qui peuvent nuire aux personnes ou aux biens sans avoir un but de profit. Ce sont tous les types d’accidents.
  • La sûreté consiste à prévenir contre les actes volontaires, spontanés ou réfléchis ayant pour objectif de nuire ou de porter atteinte aux personnes ou aux biens, dans un but de profit psychique et/ou financier. Ce sont les actes de malveillance, d’incivilité etc.

Description

Ce principe insiste sur l’importance de prendre soin des personnes et des produits créés par l’entreprise, en faisant en sorte qu’ils soient suffisamment en sécurité et en sureté, avant de commencer des tâches potentiellement risquées.

Sécurité et sûreté des personnes

Nous avons vu dans le précédent article que pour devenir « awesome », les gens devront parfois prendre des risques pour atteindre un objectif challengeant. Ceci n’est possible, que s’ils se sentent en sécurité physique et en sûreté psychologique.

Pour la sécurité physique, l’entreprise met à disposition de ses employés, des moyens suffisants pour réduire au maximum les accidents de travail.

Pour la sûreté psychologique des personnes, l’entreprise crée un environnement où les actes de malveillance et d’incivilités sont bannis, et où ses employés se sentent psychologiquement bien. En effet, la peur sévit dans trop d’équipes. Les gens ont peur de faire des changements, ont peur d’exprimer leurs opinions et ont peur de faire des erreurs. Les gens ne craignent pas l’échec, ils ont peur du blâme. Blâmer augmente la négativité et n’aide personne.  Pour arrêter cela, l’entreprise crée une culture qui permet aux gens d’admettre leurs erreurs et d’apprendre ensuite de ces erreurs afin de s’améliorer rapidement, dans un environnement sain.

C’est un sujet qui me tient à coeur. Si ce sujet vous intéresse, vous retrouverez à la fin de cet article, des liens vers mes astuces pour réduire la dette émotionnelle dans les équipes.

Sécurité et sûreté des produits

Si les employés se sentent en sécurité physique et en sûreté psychologique, ils oseront apporter des améliorations sur les produits créés par l’entreprise. Le produit devient plus sûr et plus efficace. Les problèmes résolus amèneront les employés à proposer de nouvelles idées innovantes et à améliorer la qualité de ces produits. Ces produits seront donc mieux protégés face à un acte involontaire (un bug) ou face à un acte volontaire malveillant (hacking suite à une faille de sécurité).

En faisant de la sécurité et de la sûreté un prérequis,  cela ouvre la porte à l’excellence.

Références et liens :

Modern Agile – Part 2 – Rendre les gens « awesome »

Un peu de sémantique

Dans sa version originale, le premier principe du Modern Agile est « Make People Awesome ». Dans le Modern Agile, le mot « awesome » a une signification particulière, qui regroupe plusieurs notions. C’est pourquoi, je trouve cela trop réducteur de le traduire en un mot. Je vous propose donc de traduire ce principe en « Rendre les gens awesome ».

Dans cet article, Joshua Kerievsky détaille les subtilités qui se cachent derrière ces trois mots qui composent le premier principe. Il a ensuite tout résumé en un dessin :

Commençons par éclaircir le mot « awesome ». Voici l’ensemble de sa signification :

  • « Epic » : c’est quelque chose d’épique, d’impressionnant
  • « awe-inspiring » : pour devenir « awesome » ou pour créer un produit « awesome », il faut savoir prendre des risques. Prendre ses risques est également inspirant, challengeant.
  • « B.H.A.G (Big Hairy Audacious Goal) » :  rechercher à être « awesome », c’est rechercher à atteindre un Objectif Grisant Réellement Enorme (O.G.R.E).

Le principe « Make People Awesome » s’adresse donc aux personnes (« makers ») qui vont créer (« make ») des choses  afin d’aider d’autres personnes (« people ») à devenir « awesome ».

Ces choses peuvent être des produits, des services ou des expériences.

Les « makers » ne sont pas forcés (« don’t coerce ») à rendre service aux « people ». Les « makers » agissent de leur plein gré, dans l’espoir sincère de faciliter la vie aux « people », et dans l’espoir que ces « people » vont apprécier sincèrement leur initiative.

Les « people » sont toutes les personnes qui font partie de l’écosystème de l’entreprise. Cela comprend les personnes qui utilisent, fabriquent, achètent ou financent les produits ou services de l’entreprise.

Description

Le Modern Agile indique que nous ne sommes pas ici pour fabriquer un produit excellent, mais plutôt pour rendre nos clients « awesome » quoi qu’ils fassent avec nos produits ou nos services. Cela implique de déterminer ce qui les dérange, d’apporter les changements essentiels pour y remédier,  et de les aider à obtenir des résultats grisants. Devenus des clients « awesome » grâce à notre produit, ils deviendront des promoteurs naturels. C’est ce qui va permettre à l’entreprise de prospérer. Mais que se passe-t-il si vous êtes déterminés à rendre vos clients « awesome » alors que votre personnel a des conditions de travail misérables? Ça ne sera pas efficace. Pour faire de son mieux, votre personnel a également besoin qu’on lui permette d’être « awesome ». Votre entreprise a besoin que toutes les personnes qui font partie de son écosystème rentre dans un cercle vertueux ou chacun contribue à rendre l’autre « awesome ».

Références :

Modern Agile – Part 1 – Importance de comprendre le mindset et d’y adhérer avant de se lancer

Le Modern Agile a été créé en 2016 par Joshua Kerievsky, CEO d’Industrial Logic. Ce dernier décrit le Modern Agile comme une approche plus moderne du Manifeste Agile. Il est constitué de ces quatre principes directeurs :

Tout comme le Manifeste Agile, le Modern Agile a été créé à partir de retours d’expériences de nombreuses entreprises à succès. Il est donc piloté par des principes et il est indépendant de tout framework.

Je trouve cela très bien si on prend le temps de creuser pour s’assurer d’avoir bien compris l’état d’esprit qui se cache derrière ces quatre principes et si on y adhère sincèrement.

En effet, l’apparente simplicité des quatre principes peut donner l’illusion qu’on a compris l’état d’esprit du Modern Agile, et en réalité, agir en contradiction par rapport à ces principes. C’est ce qui s’est passé avec le Manifeste Agile sur de nombreux projets. Voici un exemple typique d’une entreprise « Fake Modern Agile ».

Dans les articles à venir, je détaillerai chacun de ces quatre principes.

 

Références :