Heart of Agile, ou comment revenir au coeur de l’agilité d’après Alistair Cockburn

Il y a quelques jours, j’ai participé à un meetup organisé par le groupe Heart of Agile Paris en présence d’Alistair Cockburn, un des auteurs du manifeste agile et créateur de l’approche Heart of Agile.  Je vous propose de vous faire un résumé des réponses aux questions qui lui ont été posées. C’est un bon moyen de comprendre l’état d’esprit de Heart of Agile.


Question 1 : Quelle est l’histoire de Heart of Agile ?

Entre 1990 et 2000, il était rare que les produits informatiques soient livrés dans les temps et fonctionnent correctement.

En 2001, une personne a eu l’idée de réunir différents spécialistes qui avaient mis en place un outil ou une méthode permettant de livrer des produits efficacement comme Scrum ou Extreme Programming. Alistair Cockburn en faisait partie. Ensemble, ils ont créé le manifeste agile après plusieurs heures de réflexion collective. Pour l’anecdote, ils hésitaient entre le mot « agile » et « adaptive » et seul le mot agile a été retenu. Pour Alistair Cockburn, les 2 mots sont aussi importants l’un que l’autre et auraient dû être retenus ensemble.

En 2015, constatant certaines limites du manifeste agile, Alistair Cockburn proposa de mettre ce manifeste de côté, et de revenir au coeur de l’agilité pour plus d’efficacité. Comme il aime bien verbaliser des concepts à travers un mot japonais (le concept de Shu Ha Ri, c’est aussi de lui), il a choisi le mot Kokoro pour parler du coeur de l’agilité.

Kokoro, c’est l’idée de simplifier de manière radicale, en supprimant tout ce qui est superflu. A la fin, il ne reste que ce qui est utile, le coeur des choses. Alistair Cockburn utilise la métaphore de Karaté Kid pour expliquer ce concept. Dans le film, Mr Miyagi enseigne le karaté à Daniel-San en lui apprenant à « frotter » et « lustrer ». Et c’est grâce à cela que Daniel-San réussit à mettre K.O le vilain Johnny sans passer par 10 ans de kata. Avouez que ça fait rêver.

En simplifiant au maximum, Alistair Cockburn a extrait sa définition du Heart of Agile, sous forme de 4 verbes.

 

Question 2 : Comment peut-on concrètement commencer à appliquer l’approche Heart of Agile ?

D’après Alistair Cockburn, s’il y a bien une chose à faire, c’est d’apprendre à mieux écouter tout ce qui est désagréable, tout ce qui ne marche pas, au plus tôt, plutôt que de faire l’autruche.

 

Question 3 : Comment empêcher un développeur de s’éparpiller au lieu de livrer ?

C’est pour cette raison qu’on time-box, via des sprints, par exemple. Ainsi, le développeur va se débrouiller pour livrer quelque chose, même si ce n’est pas parfait.

 

Question 4 : Quel conseil pour réussir une rétrospective ?

Un bon conseil est d’animer parfois des introspections plutôt que des rétrospectives en posant ces questions aux équipes : « Pourquoi est-ce qu’on est là ? Qu’est-ce qui nous fâche ? ».  Les rétrospectives sont des rituels qui permettent de travailler sur la qualité des équipes fréquemment. Utiliser ce temps pour apprendre des choses sur le présent des équipes est parfois plus efficace, que d’essayer de commencer par vouloir changer des choses.

 

Question 5 : Sur une échelle de 0 à 10, comment se situe la France en terme d’agilité ?

A cette question, Alistair Cockburn a répondu 3 en 2012, et 3,5 en 2017. Il explique ces chiffres car en 2017, les millenials étaient plus âgés qu’en 2012 et commençaient à accéder à des postes de managers. D’après lui, l’agilité est plus acceptable pour cette génération. Et donc en toute logique, plus les millenials accéderont à des postes de managers, et plus il sera facile pour la France d’être agile.

 

 

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